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Affichage des articles associés au libellé Clément Serveau

Le car de 18 h. 10

 La queue qui frétille. Il est là, le maître, il va descendre de l’autobus. Son dieu va le caresser, lui, Félix, et il aura le biscuit du soir. Se frotter un instant au pantalon et respirer l’odeur de sueur, flairer les chaussures qui sentent la sciure, et puis filer devant, trottiner. Il tourne, de temps à autre, vers l’arrière, sa petite tête de caniche aux yeux perdus dans des longs poils gris. Un petit kilomètre pour atteindre la maison. Un ciel de novembre, bas, étire ses nuages couleur de plomb. Il va pleuvoir, mais il y a la niche devant la porte d’entrée. Demain, ce sera le chemin en sens inverser jusqu’à la place de la mairie, pour accompagner le père Lacombe à son travail, au car de 8 heures, cette fois. Tous les jours, sauf les dimanches et jours de fête, Félix attend le père Lacombe à la descente du car. Pas besoin d’horloge, il sait. Quelquefois, il a du retard. Mais même s’il est à 18h.40, Félix est là, à 18h.38 ! Aujourd’hui, 14 novembre. Il a plu presque toute la jo...

enfant liseur

Se souvenait-il plus particulièrement d'une saison ? Une boule de neige qui s'étoile sur une vitre ? Message ou maladresse calculée ? L'appel rauque d'un chat dans une nuit de mars ou cette pluie d'octobre sur des pavés du Nord Peut-être dans une salle à manger où l'on s'ennuie l'indispensable présence d'un carillon qui sonnait toujours un peu triste, l'heure dépassée, comme un reproche à quelqu'un que l'on aime et qui tarde à venir. Jean Vigna, comme une petite pluie d'automne, Orage-Lagune-Express, 2003 Clément Serveau , gravure sur bois