L'art du récit de Chalamov a de multiples facettes. Je ne saurais le définir. Il n'est pas taillé comme un diamant pour scintiller. Il est au contraire lisse et transparent dans ce qui est contenu de lumière autant que d'obscure densité. D'autre part, il se donne toutes les libertés. Dans "La carte des diamants", on touche d'abord aux amarres qui tiennent le récit dans une immensité légendaire, historique, tellurique, presque cosmique, entre les mains des personnages : En 1931, à la Vichéra, les orages étaient fréquents. Des éclairs courts et droits transperçaient le ciel comme une épée. La cotte de mailles de la pluie étincelait et résonnait ; les rochers ressemblaient aux ruines d'un château. — Le Moyen Âge, dit Vilemson en descendant de cheval. Des barques, des chevaux, des rochers... On se reposera chez Robin des Bois. Un arbre puissant à deux pattes se dressait sur une colline. Le vent et la vieillesse avait arraché l'écorce des troncs des de...
Tout est emprunté, même la vie.