Tout sur notre globe serait la mort et le silence éternels sans l'atmosphère, enveloppe extérieure de la planète. Cette masse gazeuse, transparente, invisible parfois et qui semble à peine faire partie de la terre, en est cependant le principal élément ; car il en est le plus mobile, et c'est en lui surtout que circule la vie. Nous reposons sur le sol ; mais c'est de l'air et dans l'air que nous vivons, hommes, animaux et plantes. Sans voler comme les oiseaux, tous les êtres qui marchent, rampent, ou fixent leurs racines dans la terre végétale n'en sont pas moins les fils de l'atmosphère. Considérée comme un astre du ciel, la planète se compose d'un noyau entouré de deux couches fluides. Le noyau solide est ce qui porte plus spécialement le nom de terre, ce sont les assises rocheuses enfermant des laves, des métaux fondus et toute la masse de matières inconnues qui occupe le centre du globe. La nappe des mers et le réseau des fleuves recouvre cette ossat...
La terre, globule isolé dans l'immense espace, ne reste point immobile, ainsi que devaient nécessairement le supposer les anciens peuples, voyant en elle la base inébranlable du firmament des cieux. Emportée dans le tourbillon de la vie universelle, elle se meut sans repos, en décrivant dans l'éther une série de spirales elliptiques d'une telle complication que les astronomes n'ont encore pu en calculer dans leur ensemble les courbes diverses. Tout en pirouettant sur elle-même, la terre décrit une ellipse autour du soleil et se laisse traîner de ciel en ciel à la remorque de cet astre vers des constellations lointaines. Puis elle oscille, se balance sur son axe et se détourne plus ou moins de sa route pour saluer tous les corps planétaires qui viennent à sa rencontre. Il est probable qu'elle ne passe jamais deux fois dans les mêmes régions de l'éther ; cependant, si elle devait parcourir de nouveau la spirale d'ellipses qu'elle a parcourue déjà, ce serai...