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Affichage des articles associés au libellé Sarah Wells

Mer et Oiseaux

  La cabane aux oiseaux était entrée par effraction dans la vie d’Élie. C’était le domaine réservé de Lisa, son laboratoire, disait-elle. Une drôle de cabane au fond du jardin où Élie ne s’aventurait jamais, jusqu’à ce jour où, ayant une nouvelle à lui annoncer et s’approchant, la croyant là, il eut l’œil attiré par de petits objets entreposés, tous de la même taille, colorés. Curiosité poussant, il avait pénétré dans l’atelier. Des rangées et des rangées de menus cadavres d’oiseaux se trouvaient là. Les uns tels quels, plumes joliment lustrées, d’autres naturalisés, revêtus de minuscules manteaux de laine de couleur et tous posés sur le dos, pattes en l’air. D’où pouvaient venir ces oiseaux ? Depuis combien de temps Lisa s’adonnait-elle à cette occupation et dans quel but ? Le doute avait été levé par Lisa : La Déferlante ! La vague meurtrière que Lisa connaissait depuis son enfance et qui pour Élie n’était qu’un mot. Déferlante qu’elle n’avait plus jamais vécue seule depuis ce fa...

D'elle en oiseau

   Ce soir elle n’a pas envie de dormir. Elle va et vient sans bruit pour ne pas éveiller Frank. Vent de force cinq, mer agitée. Derrière la fenêtre le vent secoue brutalement les acacias et bouscule les cyprès. La pleine lune s’installe. La nuit précédente Célia avait été réveillée par un drôle de bruit, régulier, profond. Ce n’était pas celui du ressac. Plus vibrant, chatoyant : les grands préparatifs d’envol des oies bernaches. Voici plusieurs jours que des milliers d’oiseaux bruns et blancs se rassemblaient à la pointe d’Arceau. À marée basse, ils amerrissaient, se survolaient, cherchaient leur place, cancanant, s’exerçant à former l’escadre, nommant leurs chefs de file, évaluant les repères, dans une puissante houle, un adieu aux territoires de l’été, dans l’instinctif besoin, l’attraction irrépressible du voyage. Frank se retourne bruyamment sur le lit, ouvre un œil et bougonne : – Tu ne dors pas ? Comment dormirait-elle quand il se passe, et sans elle, l’évènement ? Des...

oiseaux

... Vois, déjà son cou se replace en arrière, sa tête et son long bec retrouvent une position proche de l'horizontale. Il se rassure. Tu sais ils sont impressionnants à cause de leur envergure, parce qu'ils se mettent en croix pour sécher leurs ailes et qu'ils sont combatifs, mais pas davantage que les aigrettes ou les goélands. En fait le cormoran est plutôt un oiseau jovial, presque rigolard. Il est trahi par son apparence. Là tel que tu le vois, il a plus peur de nous que nous de lui ! Célia alors se lève avec des gestes très lents et en glissant se dirige vers l'oiseau qui bouge la tête, soulève ses ailes. Elle s'immobilise, attend, puis elle émet une légère modulation. Le cormoran ne bouge plus, Célia le fixe maintenant sans le lâcher des yeux, tout en continuant de moduler un chant doux et rauque. Elle se trouve bientôt à vingt centimètres de l'oiseau, puis à quelques centimètres. Sa main, avec la même lenteur vigilante s'oriente sur le cou du c...