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Affichage des articles associés au libellé Lambert Savigneux

Saturé le papier l'est

ce que j’aime dans cet endroit c’est la possibilité d’avoir la tête couverte par la brume et l’orage du haut de la promenade trempée de noir et les gris des tessitures enveloppent l’herbe où l’encre investit creuse en fines lamelles rejoignant les fibres les plis et les accrocs des trombes de pluie finissent en rigoles taillant dans le dessin c’est l’aléatoire des précipitations qui me séduit ce n’est pas bien différent d’un ciel surchargé d’humidité ou vacant la forme des nuages est une tache sur la lumière rien d’autre, et qu’est-ce la pluie ? une occurrence de la sensibilité, une saturation de pression sur l’œil la main prend les relais et froisse en hâte il faut lire des poils ou crins de chevaux tracent sur le végétal ou la peau rugueuse du coton pressé un chemin issu de l’eau et de la suie par ces moyen l’âme oppressée se libère et rejoint l’anéantissement ophtalmique Lambert Savigneux

Temple le monde

un mot me fait partir (me surprend) "contempler" l’éloignement sans distance cela surprend mais dans la saisissure qui accepte le recul comme une composante du rapprochement ni de loin ni de près mais dans le saisissement silencieux et respectueux incroyable de saisir soi dans le mouvement en suspend à ce qui me dépasse et que sans saisir je contemple suppose l’étonnement non pas coupé mais relié c’est cette religion du temple que je porte lorsque je m’arrête apaisé un tourment ramené en deux yeux et une âme je l’ai dans la nature près de la rivière et dans mon pas dans la rencontre et la conscience que c’est là ce moment tout ce lieu qui rejoint rassemble l’automne la pluie la brume le ciel bas ou les teintes conspirent à n’être plus qu’une une encre dorée de noir illumine la fin de l’inquiétude me fait passer les vallées en un silence les mots importants ne doutent pas ne sont pas des mots d’incertitude d’écart aéré entre les c...

J'ai dans l'âme

J'ai dans l'âme une odeur indicible  De vertige qui monte  comme une eau de marée  qui prend le pas sur le sable de la plage.  Une senteur si complexe  de relents de fruits de mer  où se délaient goémons, algues vertes, anémones,  et souvenirs de naufrages q ui remontent à l'amont  de la nuit des temps morts.  De relents qui obstruent  les chemins invisibles d es épices, de l'or, de la soie, des esclaves, de la drogue,  Où les voiles, les gondoles, les pirogues, les hors-bords o nt sombré, p rès des syrtes, des coraux, des brisants, des dérives,  a vec eux les marins et bien d'autres,  négriers, trafiquants, drug dealers et passeurs,  dans les eaux assoiffées de la mort. photographie de Lambert Savigneux Jean Saint-Vil poète haïtien à Gaspard Nocturne, le 25 mai 2010

Un livre n'est jamais fini

Garder un livre à l’abri des vicissitudes, derrière une vitre parmi les poupées et les porcelaines épargnés du temps, c’est refuser la lecture, refuser les chevauchées sauvages, refuser l’usure de la profondeur et les rides des tempêtes, ils vous regarderont toujours de travers, l’air torve, névrose mauvaise, un air d’inaccompli propret et la rancune tenace, tandis que l’écriture dans la marge et les cornes et les pliures se vantent de pensées rêves et actions, affleurent, surgissent de derrière les lignes, mots en premières lignes, suppurent, des feuillets attachés à d’autres bribes de papier, des prières d’insérer, le livre veut se tordre, valoir autant que la vie qui l’a inspiré, la rejoindre, être fait de boue, glaise aussi, voler dans le tourbillon biblique, ne pas se suffire des replis de l’intellect de l’autre liseur, qui respecte trop, traces de doigt, douceur du papier, livres qu’on jette pour faire taire la mouche que l’on écrase, à force le livre a la même vie que cell...