Il est certainement indispensable d'étudier à part et d'une manière détaillée l'action spéciale de tel ou tel élément du milieu, froidure ou chaleur, montagne ou plaine, steppe ou forêt, fleuve ou mer, sur telle peuplade déterminée ; mais c'est par un effort d'abstraction pure que l'on s'ingénie à présenter ce trait particulier du milieu comme s'il existait distinctement, et que l'on cherche à l'isoler de tous les autres pour en étudier l'influence essentielle. [...]
Le milieu est toujours infiniment complexe, et l'homme est par conséquent sollicité par des milliers de forces diverses qui se meuvent en tous sens, s'ajoutant les unes aux autres, celles-ci directement, celles-là suivant des angles plus ou moins obliques, ou contrariant mutuellement leurs actions.
Ainsi, la vie de l'insulaire n'est pas uniquement déterminée par l'immensité des flots qui l'entourent : il faut aussi tenir compte du degré de latitude sous lequel il passe son existence, de la marche annuelle du soleil qui l'éclaire, des oscillations de la température, de la direction et du rythme des vents, de l'action, moins connue, mais non moins réelle, des courants magnétiques, avec tous leurs phénomènes de déclinaison, d'inclinaison et d'intensité ; il importe également de constater, autour du groupe social que l'on étudie, la structure des roches, la consistance, la couleur du sol, l'aspect et la variété des plantes et des animaux, l'ensemble des paysages environnants, en un mot tout ce qui, dans la nature extérieure, peut agir sur les sens. Chacun de nous est, en réalité, un résumé de tout ce qu'il a vu, entendu, vécu, de tout ce qu'il a pu s'assimiler par les sensations.
Encore, ce milieu primitif, constitué par l'ambiance des choses, n'est-il qu'une faible partie de l'ensemble des influences auxquelles l'homme est soumis. Les nécessités de l'existence déterminent un mode d'alimentation qui varie suivant les contrées ; de même, la nudité ou le vêtement, le campement en plein air ou les diverses habitations, grottes et toits de feuilles, cabanes et maisons, agissent et réagissent sur le mode de sentir et de penser, créant ainsi, pour une grande part, ce que l'on appelle "civilisation", état incessamment changeant d'acquisitions nouvelles, mêlées à des survivances plus ou moins tenaces. En ouvre, le genre de vie, combiné avec le milieu, se complique de maladies nombreuses, de contagions soudaines, changeant selon pays et latitudes, et se propageant à l'infini dans l'ensemble des forces qui déterminent l'humanité. [...]
Le milieu est toujours infiniment complexe, et l'homme est par conséquent sollicité par des milliers de forces diverses qui se meuvent en tous sens, s'ajoutant les unes aux autres, celles-ci directement, celles-là suivant des angles plus ou moins obliques, ou contrariant mutuellement leurs actions.
Ainsi, la vie de l'insulaire n'est pas uniquement déterminée par l'immensité des flots qui l'entourent : il faut aussi tenir compte du degré de latitude sous lequel il passe son existence, de la marche annuelle du soleil qui l'éclaire, des oscillations de la température, de la direction et du rythme des vents, de l'action, moins connue, mais non moins réelle, des courants magnétiques, avec tous leurs phénomènes de déclinaison, d'inclinaison et d'intensité ; il importe également de constater, autour du groupe social que l'on étudie, la structure des roches, la consistance, la couleur du sol, l'aspect et la variété des plantes et des animaux, l'ensemble des paysages environnants, en un mot tout ce qui, dans la nature extérieure, peut agir sur les sens. Chacun de nous est, en réalité, un résumé de tout ce qu'il a vu, entendu, vécu, de tout ce qu'il a pu s'assimiler par les sensations.
Encore, ce milieu primitif, constitué par l'ambiance des choses, n'est-il qu'une faible partie de l'ensemble des influences auxquelles l'homme est soumis. Les nécessités de l'existence déterminent un mode d'alimentation qui varie suivant les contrées ; de même, la nudité ou le vêtement, le campement en plein air ou les diverses habitations, grottes et toits de feuilles, cabanes et maisons, agissent et réagissent sur le mode de sentir et de penser, créant ainsi, pour une grande part, ce que l'on appelle "civilisation", état incessamment changeant d'acquisitions nouvelles, mêlées à des survivances plus ou moins tenaces. En ouvre, le genre de vie, combiné avec le milieu, se complique de maladies nombreuses, de contagions soudaines, changeant selon pays et latitudes, et se propageant à l'infini dans l'ensemble des forces qui déterminent l'humanité. [...]
Élisée Reclus, extrait de L'Homme et la Terre, tome 1

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