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Respiration


Tout respire. Tout se respire. Toute histoire de mélange, de créolité, de société, de système, d'écologie – tous ces mots à la mode – , tout ce qui constitue les relations, les guerres, le terrorisme, la mort, la naissance, les championnats de foot, les catastrophes, toute histoire d'amour, tout est dans tout, comme le disait Anaxagore (pan en panti).
Et pourquoi, si longtemps après, n'avons-nous pas encore compris ?
Pourquoi toujours ne penser qu'à dissocier, qu'à extraire, isoler, exclure, éradiquer... ce que nous nourrissons... ce que nous sommes ?

Voici deux brefs passages de "La vie des plantes, une métaphysique du mélange" d'Emanuele Coccia que je dédie spécialement à toutes celles et ceux (politiques) qui se proposent de décider pour tous :

« Tout dans le monde produit du mélange et se produit dans le mélange. Tout entre et sort de partout : le monde est ouverture, liberté de circulation absolue, non pas côte à côte, mais à travers les corps et les autres. Vivre, expériencer ou être-au-monde, signifie aussi se faire traverser par toute chose. Sortir de soi, c'est toujours entrer dans quelque chose d'autre, dans ses formes et son aura ; rentrer chez soi signifie toujours se préparer à rencontrer toutes sortes de formes, d'objets, d'images, les mêmes qu'Augustin s'étonnait de trouver dans la mémoire, productrice de mélange et splendide évidence de cette compénétration totale. »

« La vraie immanence est celle qui fait exister toute chose à l'intérieur de toute autre chose : tout est dans tout signifie que tout est immanent en tout. L'immanence n'est plus la relation entre une chose et le monde, elle est la relation qui lie entre elles les choses. C'est cette relation elle-même qui constitue le monde. »

Emanuele Coccia, La vie des plantes, Payot et Rivages, 2016
ref. Augustin, Confessions, X, 15-16
Jérôme Bosch, détail du Jardin des délices

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