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the simple

There was hardly anyone on the long, curving beach. A few fishermen were going back to their village among the tall palms. As they walked they made thread, rolling the cotton on their naked thighs and winding it on the bobbin; it was a very fine thread, and strong. Some of them walked with ease and grace, and others with dragging feet. They were ill-fed, thin, and burnt dark by the sun. A boy passed by singing, with long, cheerful strides; and the sea came rolling in. There was no strong breeze, but it was a heavy sea, with thunderous waves. The moon, almost full, was just rising out of the blue-green water, and the breakers were white against the yellow sands.
How essentially simple life is, and how we complicate it! Life is complex, but we do not know how to be simple with it. Complexity must be approached simply, otherwise we shall never understand it. We know too much, and that is why life eludes us; and the too much is so little. With that little we meet the immense; and how can we measure the immeasurable? Our vanity dulls us, experience and knowledge bind us, and the waters of life pass us by. To sing with that boy, to drag wearily with those fishermen, to spin thread on one's thigh, to be those villagers and that couple in the car – to be all that, not as a trick of identity, needs love. Love in not complex, but the mind makes it so. We are too much with the mind, and the ways of love we do not know. We know the ways of desire and the will of desire, but we do not know love. Love is the flame without the smoke. We are too familiar with the smoke; it fills our heads and hearts, and we see darkly. We are not simple with the beauty of the flame; we torture ourselves with it. We do not live with the flame, following swiftly wherever it may lead. We know too much, which is always little, and we make a path for love. Love eludes us, but we have the empty frame. Those who know that they do not know are the simple; they go far, for they have no burden of knowledge.

Jiddu Krishnamurti  Commentaries on Living, Harper & Brothers, New York

Nicolas de Staël   paysage d'Antibes, 1954

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Psaume des Héros

Nous irons dans les plaines d’Asie porter à dos d’homme des cuves d’excréments, fumer d’improbables rizières que nous déserterons. Nous laisserons aux champs déserts la vacuité de leurs monticules. Pioches, houes, râteaux, plantoirs, paniers, sandales et bonne volonté, nous les laisserons à d’autres qui prendront le soin de suivre les sillons de leurs yeux morts. La pataugeoire, la pétaudière, ce que d’aucuns appellent leur devoir, nous le leur laisserons. Nous descendrons un jour la butte et récupérerons leur faisceau d’os blanchis. Franck Philibert gravure de Paul Klee, 1904 “Two Men Meet, Each Presuming the Other to Be of Higher Rank"

Pour René Schlosser

Le souffle du pinceau sur la montagne Le souffle de la montagne sur le pinceau Soleil d'encre écrasé Soleil d'encre écrasée   René Thibaud

Les ancolies

décidément il fait très chaud il faudra faire arroser à la fraîche, ce soir, puis mettre de la cendre au pied des salades pour empêcher les limaces décidément il faut se hâter vous vous levez, vous regagnez la sente pentue, vous allez grimper les huit terrasses de nouveau, la joie quand vos yeux tombent sur les corolles précieuses des ancolies bleu foncé c’est si simple qu’on pourrait croire que les hommes sont un songe un cauchemar que le lever du jour dissipe Il y a le bercement bleu, il y a la marée bleue montante des ancolies l’urbanité bleue, la petite clause bleue des ancolies ça serait tout à fait déplacé de désespérer et puis c’est un péché et puis vous n’êtes quand même pas le plus à plaindre là vous, retranché dans cet Eden miniature, quand d’autres s’étripent vous, à compter les pétales les étamines, à recenser les graines puis dans l’odeur boisée de votre bureau, à dessiner patiemment à l’abri de la canicule des heures durant le fléchissement...

Chemins cherchés Chemins perdus Transgressions

 Elle s'est mise à tout jeter par la fenêtre, bagues, bracelets, un collier, quelques objets précieux, et, arrachés du porte-billets, des milliers de francs à la volée, et les coussins. Des robes tombent sur le trottoir. Nue, elle en jette encore. Horreur de la possession. Insupportable, indigne possession. En une minute d'illumination, le voile est déchiré. Elle voit la bassesse de posséder, de garder, d'accumuler. Les vêtements sur elle, ça lui fut insupportable tout à coup et les objets réunis, assemblés autour d'elle, elle devait tout de suite s'en arracher. Ignoble d'avoir désiré s'approprier, garder pour soi. A la suite de cet acte si personnel, cependant public (aperçu de la rue) sa liberté lui fut retirée. Elle parla d'abord beaucoup, vite, incessamment, puis presque plus. En même temps que d'autres internées poussée à dessiner, à peindre, un jour des crayons de couleur furent mis dans sa main et une blanche feuille de papier posée devant ell...

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